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Horaires d'ouverture

Lundi de 16h30 à 19h
Mercredi de 16h30 à 19h
Samedi de 10h à 12h
En Juillet et Août : le samedi de 10h à 12h

Le Miel

couv mielTout commence avec trois circonstances : sur le bas-côté d’une autoroute dans un lieu indéterminé (qui plus tard sera la périphérie de Belgrade) un bus en panne, plus loin une vieille auto en panne aussi et enfin une série d’invectives et de menaces, un réel danger. Trois personnes se rencontrent :  une femme, un énergumène et un vieil homme. Pas de noms, juste des profils. Le décor est planté.
C'est au deuxième chapitre que le narrateur précise le sujet du livre. Il n’est qu’un intermédiaire, un passeur d’histoires qui lui sont racontées par Vera, la femme présente au chapitre 1. Elle est herboriste et soigne par les plantes. Elle guérit aussi les maux de l’âme en écoutant et observant ses patients.
Et elle écoute le récit de l’énergumène, Vesko  qui va se dérouler tout au long du roman. On a donc trois récits imbriqués, celui du narrateur qui écoute Vera  pendant six jours, celui de Vera qui transmet l’histoire de Vesko, une mise en abyme, une construction ternaire, telle un tryptique aux trois personnages, au centre Vesko protégé par Vera qui apparaît au début du roman et Nikola, le père sur lequel il s’achève mais aussi qui le fonde.
C’est justement parce que Vesko et son frère Dusan réunis autour de trois verres de Rakija, s’aperçoivent brutalement qu’il manque le 3eme, leur père Nikola  que commence le voyage. Voyage pour aller chercher ce père, instituteur retraité et solitaire qui passe le plus clair de son temps avec ses abeilles dans la région montagneuse de Croatie, la Lika, à fabriquer un miel exceptionnel et que la guerre, comme ses fils, a oublié.
Voyage qu’entreprend Vesko l’énergumène qui va devoir se battre avec les multiples dangers de cette après-guerre civile qui a opposé la Serbie à la Croatie, qui a modifié les frontières, brouillé les peuples, changé les amis en ennemis. Vesko va se perdre, connaître la peur, la colère, l’humiliation et sa vulnérabilité mais aussi découvrir la sagesse, l’intelligence, la bonté.
Le miel de Slobodan Despot traite de l'humanité en général et de quelques êtres en particulier dont les portraits sont toujours des incarnations de la complexité de l'homme.
Les descriptions sont très visuelles et le ton oscille entre rire et profondeur.
L'écriture légère aborde des thèmes très riches comme ceux des frontières-identitaires (Yougoslavie et littérature), historiques (cartes anciennes et réalité nouvelle qui fait bouger les repères de l'histoire), morales (le père et Véra, les baptisés) - le thème de la parole, rare et juste chez le père, précise, autoritaire et curative chez Vera, abondante, excessive, non maîtrisée chez Vesko, le rapport à la société ; la fuire pour Nikola, le père, s'y plonger et combattre les poisons qui la tuent pour Vera, thème de la maladie de l’âme et de son corolaire la guérison du corps, thème enfin de la guerre dont le narrateur dit que ... "pour la plupart des hommes elle est une fête"
La rencontre de Vera et Nikola grâce au miel va permettre la résurrection et la paix de Vesko. Ce miel «qui adoucit tout,...dissout tout...enrichit tout » dit Vera, «ce miel (qui) n'était pas seulement le fil rouge, mais encore le héros du récit.» dit le narrateur p.39
Quelques citations
«  On tue à la guerre comme on opère une saignée. Pour dégager l'excédent d'humeurs » p123
«  Nous faisons plus de bien par ce que nous sommes que par ce que nous faisons » p16-17 Père de Foucauld
«  Retrouver cet homme lui semblait tout à coup une nécessité vitale. Il était devenu un saumon qui remonte un torrent vers la source sans savoir pourquoi » p.70.-
Et la dernière qui appartient à Vera, p126 puis est reprise par le narrateur pour clore son récit p.127 «Chacun de nos gestes compte »

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